L’UE envisage de mettre les centres de données dans l’espace

(Photo : Thales Alenia)
La dépendance croissante du monde à Internet a un coût physique. Les centres de données, qui remplissent le rôle vital d’héberger et de maintenir les services informatiques et les données de base, sont un élément central de toute opération qui s’appuie sur des ressources numériques. Ils sont aussi physiquement gros; à mesure qu’une organisation grandit, elle le fait aussi. Finalement, les organisations sont obligées de considérer non seulement où placer leurs centres de données, mais aussi comment les alimenter efficacement et comment atténuer leurs émissions.

Ces dernières années, nous avons commencé à planter des centres de données dans des déserts ou au milieu de l’océan. Les déserts présentent peu de catastrophes naturelles perturbant les services et ont tendance à fournir beaucoup d’énergie solaire ; l’océan, comme avec le projet Natick de Microsoft, aide à garder les centres de données au frais. Mais les centres de données du désert sont encore très gourmands en terres, et aucun centre de données basé sur la Terre n’est sans émissions… le mot clé, bien sûr, étant « basé sur la Terre ». L’Union européenne pense pouvoir relever ce défi en envoyant des centres de données dans l’espace, et elle travaille déjà à tester cette théorie grâce à une étude de 2 millions de dollars appelée ASCEND.

(Photo : Taylor Vick/Unsplash)

Advanced Space Cloud for European Net zero emission and Data souveraineté (ASCEND) est une idée originale de l’UE et de Thales Alenia Space, une entreprise aérospatiale européenne. L’objectif de l’étude est d’explorer la faisabilité de placer les stations du centre de données en orbite terrestre basse (LEO). Les centres de données spatiaux seraient alimentés par des centrales solaires générant plusieurs centaines de mégawatts, tandis que le seul lien avec la Terre serait des connexions Internet à haut débit. Si tout se passe bien, ces centres de données extraterrestres pourraient compléter ou remplacer certains des centres de données ici sur terre.

Bien sûr, nous ne savons pas si tous sera aller bien. La priorité absolue d’ASCEND est de déterminer si les centres de données spatiaux émettent effectivement moins d’émissions que ceux sur Terre, et les résultats de cette enquête pourraient être décevants une fois que les ressources nécessaires pour les lancer sont prises en compte. (Selon la déclaration de Thales Alenia, cela pourrait même impliquent de développer un « lanceur lourd réutilisable et respectueux du climat ».) Le lancement et l’entretien d’une telle configuration sont également très coûteux, et si les centres de données spatiaux ne sont pas aussi utiles que leurs homologues terrestres, le coût élevé de leur envoi en LEO n’en vaut peut-être pas la peine.

Si ASCEND réussit, la technologie résultante pourrait contribuer à l’objectif de l’Europe d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 dans le cadre du Green Deal.

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